Parce qu'il n'y a pas que les tomates qui ont le droit d'être cultivées...

Parce qu'il n'y a pas que les tomates qui ont le droit d'être cultivées...
marque de tâcheron tailleur de pierre - Château de Chambord - photo par S.Megani

lundi 26 juillet 2010

A la découverte des oeuvres...

Bien, les amis, me voici un peu occupée par diverses choses (travail, revue de presse, administration) donc pour vous faire patienter et éviter que mon peu de lectorat déserte, je vous fais aujourd'hui une petite galerie photos d'oeuvres et d'artistes que j'aime, juste histoire de vous faire (re)découvrir des belles émotions artistiques. Pour le moment on commence avec du classique mais pas plan-plan, qui devrait trouver grâce à vos yeux.


Sébiastiano Del Piombo (vers 1485 - 1547 ) dit aussi Sébastiano Luciani. La Vénitienne.
J'aime le regard dur de la jeune femme, ainsi que la palette de couleurs terre de Sienne et le détail de la fourrure.

Andrea di Bartolo Solari (Andrea Solario) (1460-1524), La Vierge au coussin.
J'aime l'étonnante lumière qui découpe les formes de manière très détaillée, donnant parfois l'impression, par le fort contraste entre l'avant-plan et le décor, d'une style graphique presque proche du dessin. La très belle couleur verte du coussin entre en parfaite harmonie avec l'ensemble de la palette.


Antonio Canova (1757-1822), Psyché ranimée par le baiser de l'Amour.

Selon la légende, Psyché est belle au point de susciter la jalousie d'Aphrodite. Cette dernière pour se venger demande à son fils, Eros ou l'Amour, de jeter une flèche à Psyché afin qu'elle tombe amoureuse de l'homme le plus laid qui soit. Mais Eros tombe amoureux de Psyché au premier regard. Les deux jeunes gens entament une relation à la condition que Psyché ne cherche pas à connaître l'identité de son visiteur, toujours nocturne, et s'en allant au matin. Un jour la jeune femme brave l'interdit et Eros est forcé de s'enfuir. Psyché est alors endormie par un parfum magique d'Aphrodite, dont
seul l'amour peut annuler l'effet. Éros sort sa bien-aimée de ce sommeil magique par un baiser et l'œuvre les représente au moment où la jeune fille revient à la vie. Ils se marient et ont une fille, Volupté.

On peut admirer le jeu de courbes et de lignes induites par la position des corps, extrêmement recherchée. Il s'agit d'une sculpture dans le plus pur style du XVIIIème siècle, période de redécouverte des formes et des mythes antiques classiq
ues.


Gabriel Dante Rossetti (1828-1882), Proserpine.

Encore un mythe classique que celui de Proserpine, kidnappée par Pluton, le roi des Enfers pour devenir sa femme. La nymphe le supplie de la laisser retourner sur Terre mais ayant croqué dans une grenade, fruit maudit, elle a scellé son destin et devra séjourner aux Enfers au moins 6 mois de l'année (correspondants à notre automne et notre hiver), et pourra retourner voir sa famille le reste du temps, ramenant ainsi le Printemps sur Terre.

Le tableau fait partie du mouvement préraphaélite, qui s'inspire, comme son nom l'indique, des toiles de Raphaël mais aussi beaucoup des légendes arthuriennes ou des textes de la Divine Comédie . On trouve ici une sensualité qui s'exprime notamment dans le rendu des matières, brillantes, soyeuses, et une représentation des plus réussie de ce mythe plaisant. J'aime particulièrement l'effet de moire sur le vêtement et le plissé de la robe en écho à la courbe du cou de la jeune femme. Proserpine semble aussi vouloir échapper à son destin en tentant d'éloigner le fruit maudit de ses lèvres avec son autre main, peine perdue, comme bien souvent dans les légendes.



Voici pour cette fois. Si ces petites session d'histoire de l'art vous plaisent, je vous propose de recommencer à l'avenir afin de balayer le plus possible de mouvements et styles artistiques.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez en commentaire.

jeudi 24 juin 2010

A vos manettes au musée!


Me voici de retour dans mon pays avec des tas de compte-rendus à vous faire. sur des thèmes très variés. Mais pour le moment, mesdames, messieurs, chers amis geek, la nouvelle du jour, l'actualité brûlante, the place to be, c'est MUSOGAMES, une histoire à (re)jouer, au Musée des Arts et Métiers!

Pour les nostalgiques (nostalgeek) ou les néophytes, une rétrospective sur le jeux-vidéo à la scénographie fantastique qui nous plonge dans un univers numérique aux merveilleux accents de binaire et d'oscilloscope.

Cette exposition proposée par le CNAM, en partenariat avec l'association MO5.COM, organisme de préservation et conservation du patrimoine numérique, vous emmène à la découverte des machines et des jeux qui ont bercés les jeunes années de nos trentenaires actuels.

De PONG (1972) à la PS2 (2004), le joueur peut tester tous les jeux, représentants emblématiques d'une époque ou d'une machine. C'est cette interactivité qui fait la particularité et fera sans doute le succès de cette exposition.

Dans la grande salle principale constituée d'une longue table où trônent machines d'exposition et moniteurs de démonstration, le visiteur est invité à se transformer le temps d'un moment en gameur. La progression de leurs exploits étant retransmis en direct sur l'un des nombreux écrans géants qui longent la pièce. Une manière d'impliquer tout un chacun, même lorsque l'on a pas une manette entre les mains.

Si la salle principale présente un faux air de LAN lorsque tous les sièges sont occupés par des joueurs absorbés, la seconde, plus petite, nous (re)plonge sans aucun doute dans cette ambiance révolue de la "salle d'arcade".
Plusieurs bornes sont présentées, en parfait état de fonctionnement, pour le grand plaisir des amateurs de sticks et autres joypads. Jeux de baston, de tir ou de courses se côtoient grâce à l'aimable prêt d'un collectionneur privé (James Magnier) et d'une entreprise de restauration de bornes arcade (NéoLegend). A noter, la présence d'une borne holographique, véritable incarnation de nos rêves de science-fiction.

MuseoGames est donc une rétrospective à l'ambiance très réussie qui nous remémore ou nous fait découvrir l'univers du jeu pixelisé et de la musique 8bits dans le cadre d'un musée national. Qu'on se le dise, chers amis geek, le jeu vidéo entre dans la légende!

En savoir plus

MuseoGames, une histoire à (re)jouer, du 22 juin au 7 novembre 2010, Musée des Arts et Métiers, 60 rue Réaumur, Paris 3ème. Métro 3 Arts et Métiers.
Visites guidées tous les jours à 11h/14h/15h30. Entrée de 5€ à 7,50€.

www.museogames.com

www.MO5.COM
www.mnjv.fr

mercredi 9 juin 2010

Ankama vs Disney


Bonjour les internautes!

En direct du FIFA 2010 (Festival d'Animation d'Annecy, pas la ligue de football), je vous retrouve pour un premier petit compte-rendu.

Tout d'abord l'ambiance. On ne s'en rend pas compte lorsque l'on vit dans la cité lacustre mais l'arrivée en masse de festivaliers donne à la ville un air de vacances en avance. Surtout, qu'il est bon d'entendre parler des dizaines de langues différentes et de lier conversation dans un anglais rouillé en terrasse des cafés!
La sacoche du festival en bandoullière, tout ce petit monde envahit les salles obscures de Bonlieu, la Scène Nationale qui se transforme en multiplex le temps d'une petite semaine. Le Pâquier est noir de monde en début de soirée et les restaurants et autres snacks bondés. Quel plaisir de voir l'âge moyen de la population passer en 24h de 55 à 25 ans!

D'un point de vue plus culturel, votre serviteur est donc passé au Centre Courier afin de voir l'exposition Ankama et Maliki (voir billet précédent).

En ce qui concerne l'auteur de la fille aux cheveux roses, une déception certaine m'étreint. Rien qu'une petite vitrine remplie de goodies, amusants, certes, mais commandables sur le blog, et la projection du petit dessin animé créé récemment par l'auteur et l'équipe de Wakfu; lui aussi visionnable sur le blog. Une découverte pour les néophytes, mais rien de neuf pour les amateurs. On regrette l'absence de crayonnés ou autres estampes afin de plonger plus profondément dans l'univers de l'artiste.

L'exposition Ankama est, elle, plus fournie, avec là aussi des projections d'épisodes de Wakfu mais surtout de larges explications sur les différents projets du studio: jeux vidéo, animés, réalisation... Des sérigraphies sur toiles d'illustrateurs de Café-Salé, le collectif de graphistes d'Ankama, offrent une certaine fraîcheur à cette exposition, certes grand public mais qui a le mérite de présenter un élément prometteur et dynamique du secteur numérique français.

La projection en plein air de lundi soir ayant échappé à votre serviteur, ce dernier s'est rattrapé avec la projection d'hier soir. Et comme les habitués le savent sans doute, le mardi c'est Disney au Festival!

Je suis donc allée voir La Princesse et la Grenouille au coeur d'une esplanade du Pâquier bondée mais toujours dans une ambiance bon enfant
.
Le Disney s'est avéré vraiment très sympathique. Un retour aux sources de l'animation traditionnelle plus que salutaire pour le studio qui commençait à s'engluer dans des réalisations 3D poussives aux scénarios affligeants.

L'histoire de La Princesse et la Grenouille se déroule en Louisiane, à la Nouvelle-Orléans. Un décor qui permet de jouer de l'ambiance africano-vaudou très réjouissante des films se déroulant dans cette partie des US, avec un méchant sorcier-vaudou-maître des ombres doté d'une certaine classe et qu'ont adore détester, et des personnages secondaires savoureux. La luciole Raymond ayant atteint en un rien de temps le palmarès de ma liste de personnages préférés, aux côtés de Persifleur (Robin des Bois) et Archimède (Merlin l'Enchanteur).

Et juste avant le film, la diffusion, en avant-première mondiale, du court métrage Tick Tock Tale, l'histoire d'une petite horloge affublée d'un pantin ridicule qui se fait mépriser par les belles et grosses horloges à balancier et autres pendules murales. Jusqu'au jour où un voleur s'introduit dans la boutique...

Une animation traditionnelle en 2D très réussie. Et comme d'habitude, Disney arrive à nous rendre tristes ou joyeux pour un objet inanimé en temps normal. Et le scénario est très mignon.

Votre envoyée spéciale va continuer autant que le temps et le climat le permettent à profiter des trésors de ce bel évènement.

Prochain rendez-vous l'exposition

Créateur et Créatures
50 créateurs rendent hommage au 50e anniversaire d'Annecy.
Un livre anniversaire rassemble ainsi plus de 50 de leurs dessins, des sixties aux années 2000.
Admirez-les en visitant l'exposition !

Du 7 juin au 31 octobre 2010 - Musée-Château d'Annecy


* Couverture de l'artbook n°3 du collectif Café-Salé, par Sephy.

lundi 7 juin 2010

Un demi siècle de festival à Annecy!


Aujourd'hui plein de news en rapport avec un évènement qui fait vibrer les annéciens depuis cette année 50 ans, le Festival d'Animation!

Un rendez-vous annuel dédié à l'animation en tout genre qui regroupe des milliers de personnes venues du monde entier au coeur des salles de projection et de l'esplanade du Paquier où se jouent les films en plein air. Une véritable fête de plus d'une semaine où les plus chanceux croisent des montres sacrés du cinéma d'animation ou des studios graphiques, tels Burton (président du jury l'an dernier), Gotlib ou encore l'équipe d'Ankama. Un moment surtout pour revoir les oeuvres des talents confirmés et découvrir les jeunes talents qui feront le paysage animé de demain. Et croyez-le, Annecy est un véritable vivier.

Et cette année encore le festival promet d'intenses moments d'émotions et de découvertes. A commencer par une petite initiative en marge des projections: l'évènement "Courier C fantastique".

Une exposition qui fait la part belle à tous les grands noms de l'animation et notamment, nos chouchous nationaux Ankama, le studio nordiste créateur de Dofus et Wakfu, avec une petite rétrospective de leur travail intitulée tout simplement "L'animation vue par les studios Ankama". (du 31mai au 12 juin)

Et parmi les guest de cette exposition, un espace consacré à l'illustrateur "ankamaien" sans doute le plus célèbre de la blogosphère, l'incontournable Maliki. "La réalité est plus extraordinaire que la fiction"expose au grand public dans la galerie Courier les travaux du dessinateur de la jeune fille aux cheveux roses et ses chats étranges.

Enfin, toujours dans le cadre de l'exposition Ankama, les deux graphistes Sephy et Ntamak seront en dédicace mercredi 9 juin à la Fnac Annecy. L'occasion de discuter avec eux de vos dessins animés et jeux préférés.


Retrouvez-moi toute la semaine en direct de ce 50ème festival d'animation d'Annecy. Chaque jour des annonces des films à voir et des dédicaces à ne pas manquer, des critiques des films vus et des photos et des anecdotes!

Une grosse pensée à ceux qui aiment ce festival mais ne peuvent pas s'y rendre. J'espère vous faire partager un petit morceau de ce grand moment à travers mes quelques lignes. Même si votre serviteur n'a pas pu se payer une accréd MIFA, je vous promets de la star, des pailettes et du strass en pagaille.

Et, juré, si je croise Burton je lui demande de signer un autographe sur mon gros orteil gauche et si je croise Michel O. je le kick (on se comprend).... (eeééh mais dites vous, là, on va pas commencer à balancer, hein. Noooh mais dites donc, on est une grande famille, nous, hein. Pas de méchanceté gratuite).


Et ce soir pour commencer les réjouissances projection en plein air de
Brendan et le secret de Kells, prix du public Annecy 2009

Au IXe siècle, dans un coin reculé d'Irlande, Brendan, 12 ans, vit une vie paisible dans l'abbaye fortifiée de Kells. Avec les autres moines, il travaille dur à la construction d'une enceinte pour protéger l'abbaye des assauts fréquents des Vikings.

En espérant que la pluie ne sera pas disponible pour venir voir la séance...


Plus d'infos

Exposition Courier C Fantastique du 31 mai au 12 juin 2010

"L'animation vue par les studios Ankama"

Maliki "La réalité est plus extraordinaire que la fiction"

Sephy et Ntamak en dédicace le 9 juin dans l'après-midi à la Fnac de Courier.


www.annecy.org

www.ankama.com

www.centre-courier.com/

http://forsun.eden.free.fr/blog/

www.maliki.com



mardi 25 mai 2010

Dirty Little Game


Aujourd'hui une petite critique littéraire puisqu'il s'agit d'un exercice - difficile s'il en est - auquel je ne me suis pas encore beaucoup confrontée. Le livre dont je vais vous parler possède une adaptation cinématographique, que je n'ai pas encore vu à l'heure où j'écris ce billet mais qui devrait venir compléter mes impressions sur l'ouvrage écrit.

Très chers amis, je vous parle aujourd'hui d'un sujet qui risque de me mener rapidement au Point Godwind puisqu'il s'agit de vous faire la chronique de La Vague (The Wave en version originale). L'histoire de la Vague prend place à un période indéfinie de la fin du XXème (je penche pour les années 1990), aux Etats-Unis.

Plus spécifiquement l'histoire se base sur des faits réels, dans un lycée de Californie où un professeur un peu marginal, lance une expérience auprès de ses étudiants afin de leur faire prendre conscience de la réalité quotidienne du peuple allemand sous le régime Nazi. La Vague est née. Avec ses slogans, ses règles et son allure militaire. Seulement la petite leçon de vie prévue initialement dérape et le lycée se retrouve régenté par les membres de la Vague qui n'hésitent pas à user de violence et d'intimidations en tous genres afin de briser les résistances et rallier le plus de monde à leur cause.

Bon. Voici un pitch bien séduisant. On se dit que l'on va sans doute se retrouver dans le même genre de transposition subtile et pleine d'enseignement d'une dictature passée à notre réalité présente que dans l'Acide Sulfurique de Nothomb, que tout cela va nous remuer les tripes et nous forcer à une réflexion dès plus bénéfiques sur le devoir de mémoire, que l'on aura ainsi une vision de ce que peut entraîner un effet de masse. Bref, on est impatient de lire alors on ouvre son ouvrage et on lit.

Hélas, dès les premières lignes on sait que l'on aura pas affaire à du grand style littéraire. Les descriptions de personnages sont poussives à souhait,les caractères de chacun aussi plats que des galets bretons (le quaterback neuneu, l'intellectuelle, sa copine, le cancre) et la narration un peu niaise. A la décharge de l'auteur, n'ayant pas mis la main sur une version américaine, j'ai dû me rabattre sur une traduction française qui m'a parfois eu l'air d'un devoir de version d'un terminal littéraire. Peut-être est-ce préjudiciable. Peu importe, on oublie Nothomb et on attend la suite des évènements.

Qui met un temps fou (pour une nouvelle de 200 pages) à venir. Le starter de l'histoire est une projection d'un documentaire sur les camps de concentration que le professeur passe à ses élèves pour illustrer le cours sur la seconde guerre mondiale. A partir de là nos chères têtes blondes américaines, qui ont l'air de découvrir cette page d'Histoire pour la première fois de leur vie, vont se mettre à réfléchir à tout ça. Enfin, c'est-à-dire qu'après en avoir parlé à la cantine, avec leurs petits moyens intellectuels ils en arrivent à la conclusion que les "Nazis ça craint" et que "comment on a pu laisser faire ça"?
Question ma foi pertinente bien qu'un peu "simpliste" dans le grand débat de la WW2* si vous me permettez d'être acerbe. On peut peut-être encore une fois expliquer ce manque de profondeur dans la réflexion par la juvénilité des personnages (des terminales) et par le fait que nous nous trouvons aux US, un pays où les très jeunes gens ne doivent pas avoir reçu un héritage aussi important sur l'Allemagne Nazi et ses atrocités que les jeunes européens. Je suppute.

Le professeur, embarrassé par les questions, qui, si elles sont rebattues pour quiconque a réfléchi un jour aux horreurs Nazies, n'en sont pas moins toujours sans réponse il est vrai, décide de se lancer dans une expérience et utilise sa classe comme laboratoire.
Au départ, le prof institue seulement quelques règles d'obéissance et de correction soutenues par un emballage disciplinaire (dire oui Monsieur Ross, non Monsieur Ross, être soignés et silencieux en classe etc...).
Seulement, chose que le prof n'avait pas prévu, la leçon est tellement appréciée des élèves que ces derniers en redemandent au cours suivant. Intrigué, le prof renforce légèrement sa doctrine, en instituant un principe d'égalité entre les membres du groupe, cherchant par cet effet à protéger et intégrer les individus en marge de la classe comme le cancre de service. C'est sans doute le plus intéressant dans tout ceci: voir comment le prof, tel un chimiste curieux ajoute des éléments à sa base et s'étonne des résultats obtenus. Jusqu'au moment où l'échantillon bouillonne et déborde et que le scientifique perd tout repère, interroge ses connaissances autant que sa conscience mais ne semble pas trouver de solution au bazar qu'il a mis.

A la base donc, un outil d'intégration, un désir de communauté égalitaire prônant le mieux vivre ensemble, le tout assaisonné de moyen pseudo-militaristes, que les étudiants réclament d'eux-mêmes plus la Vague devient haute (slogan, emblème, salut...).
Et c'est ici que tout fout le camp. Quand le prof, dépassé par l'envergure de ce qu'il a créé, s'aperçoit que la Vague vit seule et qu'il est devenu son chef suprême malgré lui... Les membres les plus actifs et virulents s'offrent de rallier l'ensemble du lycée à leur cause et rapidement des menaces et des affrontements ont lieu.

Bon. Dite ainsi l'histoire a toujours l'air vraiment passionnant. Pourtant je ne peux pas m'empêcher de nourrir une grosse déception face à ce livre. Comme je l'ai laissé entendre plus haut, les dialogues sont d'une niaiserie consumée et sonnent de la manière la plus artificielle qui soit. Les évènements mettent un temps fou à démarrer mais s'enchaînent à une vitesse folle (un peu plus d'une semaine et demie si mon calcul est bon entre l'avènement de la Vague et la fin du livre). On a donc du mal à croire à une pareille dérive en si peu de temps. Du coup, tout semble résumé, tronqué afin de trouver sa place dans ce court récit. Bien sûr le format de la nouvelle a sans doute été la contrainte que s'est imposé l'auteur afin de donner à son œuvre cet aspect "conte réaliste moderne" avec pour trame de fond "et si ça arrivait à nouveau"? Mais tout de même, l'ensemble donne au final l'impression d'un tas de raccourcis décevants.

L'auteur parvient au final à balayer tous les grands principes d'une dictature militariste, avec ses bonnes intentions et ses abus, mais, en raison du style pesant, et de la rapidité d'enchaînement des idées évoquées, on a la sensation de lire une "petite introduction aux faits et méfaits du régime totalitaire" à destination de la catégorie 15-18ans.

C'est assez pénible en effet, quand, tout au long du récit, les personnages, déjà tellement archétypés, que l'on connaît d'emblée les tréfonds de leurs pensées, vous précise, dans leur style empesé et avec leur vivacité d'esprit à faire s'enorgueillir un chameau, ce qu'il faut tirer comme conclusion de ce qu'il vient d'être dit, fait ou expliqué. Vous êtes grand, vous êtes au moins aussi intelligent qu'eux et vous savez faire fonctionner votre libre-arbitre, alors à ces moments là vous avez juste envie de leur envoyer "Développer ses méninges en 10 leçons" par colis FedEx (ou dans les dents) et de refermer le livre avant la fin, si ce n'était le personnage du professeur, seul protagoniste n'affichant pas un manichéisme affligeant (sans être non plus très fouillé), dont on veut savoir s'il s'en sortira de son dilemme moral entre curiosité scientifique et ivresse du pouvoir.

Pour finir, ce livre est intéressant à prendre dans son ensemble pour les principes qu'il démontre et a tout de même le mérite de nous rappeler l'importance du devoir de mémoire, du pouvoir de la peur et du devoir de dire non. Malgré toutes mes remarques acides, je recommanderais peut-être ce livre à tout professeur d'histoire de secondaire qui souhaite illustrer son cours avec un support alternatif au documentaire... Et espérons que le film viendra infirmer certaines de mes réticences, la barrière de la traduction étant déjà moins problématique au cinéma et les personnages seront, je l'espère, plus charismatiques.. Je vous en reparle bientôt.

*WW2 signifie Second World War ou 2ème Guerre Mondiale.


jeudi 20 mai 2010

Copyright... Is copy right?


Un petit compte-rendu rapide aujourd'hui d'une exposition visitée ce week-end à Paris à l'occasion de la Nuit des Musées: Seconde Main, au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris.

La Nuit des Musée est une initiative que j'apprécie beaucoup et que j'essaie d'honorer chaque année. L'ouverture tardive des musées partout en France et les événements spéciaux prévus ce soir-là valent généralement déjà le déplacement, mais quand on a en plus la chance de la passer à Paris c'est la cerise sur le gâteau!

Seconde Main est une exposition qui propose de voir ou revoir des œuvres majeures de la production moderniste sous le sceau de la "copie".

Exposées au milieu de leurs semblables, voir de leurs modèles, des dizaines d'œuvres "copiées" s'introduisent parmi les œuvres "légitimes" des collections du musées, comme autant de petits intrus réjouissant et inoffensifs, sauf peut-être pour notre définition de l'art et de ses chefs-d'œuvre.

Rassurons-nous, pas question de "faux" ici, au sens du faussaire, mais des imitations et des appropriations très réussies d'œuvres réputées par des artistes souvent non moins connus et réputés. Ainsi l'exposition déroule-t-elle sa presque rétrospective, mêlant avec espièglerie pièces originales sorties des fonds du musée et reprises, dans un joyeux brouillard chronologique qui achève de nous faire perdre tous nos repères théoriques si fièrement acquis.


(clic sur l'image pour agrandir)

Alors on se laisse emporter, au grès des salles, et par le jeu qui se met rapidement en place, à savoir, deviner de quel modèle s'inspire l'imitation. Certaines sont simples, tel ce tableau représentant une Campbell Soup de Warhol à la tom... non pas à la tomate justement, tout est dans le détail, regardez mieux. Oui il s'agit bien d'une soupe à la dinde! D'autres demandent un peu de recherche.

Mais quoi qu'il en soit, on arrive toujours à se délecter de l'œuvre présenter. Comme si ,au final, être certain que la pièce est bien un Sol Lewitt ou un vrai Delaunay avait peu d'importance puisque ces "imitations" parviennent à nous exalter de la même façon, juste pour d'autres raisons. Avec ce petit plus de la jubilation lorsque l'on parvient à déterminer l'auteur ou la nature de ce devant quoi on se tient.

Bien entendu on est un peu tiraillé, on se sent nerveux devant cette expérience qui remet en cause pas mal de nos "croyances" en matière d'art, qui questionne ce qu'au fond on a souvent soupçonné "est-ce l'œuvre ou l'artiste que j'admire?". D'autant plus que la scénographie parvient à nous faire accepter assez facilement l'idée que la "copie" est parfois plus réjouissante que la "vraie", ou que c'est tout à fait amusant de se moquer ainsi gentiment des principes fondateurs de l'art du XXème siècle. Seconde Main nous amène à nous reposer encore une fois ces questions sur art/signature/marché, un peu passées de mode (comme les occasions, les secondes mains) qui restent malgré tout présentes dans notre appréhension de la production artistique contemporaine.



Une exposition dès plus rafraîchissantes où les références et les certitudes artistiques durement forgées sont bousculées et remises en cause avec beaucoup de finesse et de subtilité. Devant nous défile presque 40 ans d'art moderne et des noms, qu'on aurait pas imaginé voir un jour ensemble se côtoient, tels les habitants d'un grand musée de Babel où les époques, les mouvements et les styles n'ont plus tant d'importance.

On parvient alors à un accord tacite avec soi en se disant, qu'après tout, peut-être, parfois, "qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse".


En savoir plus


Musée d'Art Moderne de la Ville de PARIS

A la minute où j'écris cette article, voici le communiqué qui me parvient
Le MAM fermé après le vol de cinq tableaux de maîtres


Crédit photographique: Delphine Berte

vendredi 14 mai 2010

Poétique de la mécanique cybernétique

Bonjour à tous,

Navrée pour ce très long silence. Manque de temps et manque de matière mais me revoici gonflée à bloc. Alors pour recommencer en douceur, une petite aubaine culturelle régionale: l'exposition Vaucanson et l'homme artificiel, des automates aux robots. Organisée en partenariat avec le Musée des Arts et Métiers de Paris et le Musée des Automates de Grenoble.

Une charmante exposition que nous propose là le Musée Dauphinois de Grenoble. Loin des expos blockbuster ou des marronniers du genre, le musée part de la figure de Jacques Vaucanson, personnage peu connu en comparaison de l'impact de son oeuvre, pour se rendre dans les sphères des cybertechnologies par un intéressant effet d'extension. Explications

Vaucanson, fils de gantier grenoblois, né à l'époque des Lumières et passionné de mécanique fut l'inventeur du premier métier à tisser automatique. Une révolution silencieuse s'il en est qui a tout de même permis une avancée significative vers la modernité et a posée une base de ce qui deviendra plus d'un siècle après, l'ère industrielle.

Adepte de mécanismes complexes, il crée aussi de ravissants automates, dont le Canard Digérateur et le Joueur de Flûte, devenus célèbres tant pour leur poésie et leur humour que pour le travail d'orfèvre qu'ils avaient nécessités.
Une vie entière consacrée à l'automatisation, et un rêve, s'approcher au plus près de "l'homme artificiel", de l'homme-machine. Premier jalon de la cybernétique, Vaucanson est donc le point de départ que prend le musée pour nous mener vers une démonstration de l'évolution robotique de notre siècle.

La suite de l'exposition est dédiée entièrement à cette figure que nous connaissons bien, nous, enfants de l'ère électronique, le robot.
Mais le robot sous toutes ses formes et toutes ses perspectives. Du simple jouet hétéroclite, bruyant et coloré qui a fait les belles heures de notre enfance (et sans doute induit une augmentation des crises de nerfs chez les parents de l'époque) au robot-humisant, utilisé dans des secteurs aussi variés que l'industrie ou le médical.

A noter la présence d'Asimo, le célèbre robot de Honda, dernier né de la longue évolution du secteur robotique de la firme. Un poster géant nous en retrace d'ailleurs les étapes. Le progrès technique effectué depuis environ 25ans est sidérant. Toutefois, l'une des rares choses à reprocher à cette exposition, il n'en est pas fait ici de démonstration. Pour le voir en fonctionnement, mieux vaut apparemment se rendre sur les stands Honda au Salon de l'auto de Genève...

Et bien entendu toute une section est consacrée aux enjeux que représentent ses objets cybernétiques dans le monde de la recherche scientifique. Prothèses, bras articulés, exosquelettes forcent l'admiration et augurent d'une amélioration certaine des capacités de la médecine et par extension de la qualité de vie des patients.

Enfin pour les amateurs de vidéo-ludisme, une petite aparté nous explique où en sont les scientifiques et professionnels en matière d'image de synthèse, de 3D et motion capture.

Une exposition qui laisse entrevoir tout le chemin parcouru en matière de technologie cybernétique. Sujet qui reste l'un des grands rêves de l'Homme, celui de créer la machine à son image et d'atteindre enfin toutes ces choses pour le moment encore impossibles: voler, faire marcher les paralytiques, vivre dans l'Espace...
Une visite qui redonne foi en l'Homme et en ses capacités à améliorer son monde pour le bien de tous.

A voir pour le plaisir de s'extasier sur les petits pas dansants d'un robot!

+ d'infos

La visite est gratuite pour tous!

Vaucanson et l'Homme artificiel, des automates aux robots
Musée Dauphinois
Jusqu'au 30 juin 2011

Le Musée des Automates de Grenoble
12 RUE DES ARTS - 38000 GRENOBLE